Vu en 2017

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Mahler 8ème symphonie

Musikverein, Vienne, décembre 2017

 

Tonkünstler-Orchester Niederösterreich

Direction musicale: Andrés Orozco-Estrada

Catherine Foster (soprano)

Heidi Melton (soprano)

Sunhae Im (soprano)

Theresa Kronthaler (mezzo-soprano)

Kelley O’Connor (mezzo-soprano)

Robert Dean Smith (ténor)

Jochen Schmeckenbecher (baryton)

Günther Groissböck (basse)

 

Sur cette symphonie, considérée comme le sommet de l’humanisme européen, Mahler s’exprimera ainsi: "l’œuvre la plus importante que j’aie jamais composée, une œuvre dont le contenu et la forme sont si nouveaux que j’ai de la peine même à en parler, une œuvre où l’on entend non pas des voix humaines, mais les chants des planètes et des soleils qui tournent dans l’espace, une symphonie dispensatrice de joie. Essayez d’imaginer l’univers tout entier commençant à tonner et à résonner ". 

Tout est dit.

Ring Trilogie - Siegfried

Theater an der Wien, Vienne, décembre 2017

 

Musique et texte de Richard Wagner

Direction musicale: Constantin Trinks

Mise en scène: Tatjana Gürbaca

Siegfried: Daniel Brenna

Siegmund: Daniel Johansson

Sieglinde: Liene Kinca

Mime: Marcel Beekman

Wotan / Wanderer: Aris Argiris

Brünnhilde: Ingela Brimberg

Fafner: Stefan Kocan

L’Oiseau de la forêt: Mirella Hagen

 

La déconstruction continue avec Siegfried qui voit défiler son passé à travers des flash-backs: l’amour incestueux de ses parents, la mort de son père, le sauvetage de sa mère et son propre coup de foudre pour la Walkyrie endormie… Si la narration est psychologiquement lisible, ce volet souffre particulièrement d’une rupture de la continuité musicale. L’instrumentation perd aussi de sa superbe en raison de la taille limitée de l’orchestre du Theater an der Wien.

Christmas Gala in Vienna

Konzerthaus, Vienne, décembre 2017

ORF Symphonieorchester

 

Direction musicale: Stefan Gottfried

Olga Peretyatko-Mariotti (soprano)

Juan Diego Flórez (ténor)

Anne Sofie Von Otter (mezzo-soprano)

Günter Haumer (baryton)

 

Le traditionnel Gala du Konzerthaus de Vienne est un grand événement culturel de Noël, avec ses chants et cantiques interprétés par de grandes voix. Cette année, un quatuor de renommée internationale s'est réuni pour nous enchanter, accompagnés par le chœur de l'Académie de chant et les Petits Chanteurs de Vienne. Concert traditionnellement ennuyeux.

Lohengrin de Wagner

Deutsche Oper, Berlin, novembre 2017

 

Direction musicale: Donald Runnicles

Mise en scène: Kasper Holten

Lohengrin: Klaus Florian Vogt

Elsa von Brabant: Rachel Willis-Sørensen

Heinrich der Vogeler: Günther Groissböck

Friedrich von Telramund: Simon Neal

Ortrud: Petra Lang

 

Cette énième reprise de la production de Kasper Holten continue de rassembler des wagnériens du monde entier. La distribution est également attrayante puisque c’est Klaus Florian Vogt, Lohengrin de référence, auréolé de son timbre juvénile et pur qui tient le rôle-titre et Günther Groissböck, grande basse wagnérienne qui impressionne en figure royale. Oui, un “Week-end Wagner” bien rempli!

Satyagraha de Philip Glass

Komische Oper, Berlin, novembre 2017

 

Direction musicale: Jonathan Stockhammer

Mise en scène: Sidi Larbi Cherkaoui

Gandhi: Stefan Cifolelli

Miss Schlesen: Cathrin Lange

Mrs Naidoo: Mirka Wagner

Kasturbai: Karolina Gumos

Mr Kallenbach: Tom Erik Lie

Parsi Rustomji: Tomasz Wija

Mrs Alexander: Katarzyna Wlodarczyk

Lord Krishna: Samuli Taskinen

Prince Arjuna: Timothy Oliver

 

Un compositeur américain pour la première fois à l’affiche au Komische Oper, Philip Glass de surcroît, s’est vendu à guichets fermés! Oratorio pour choeur et solistes, basée sur la répétition en Sanskrit de textes sacrés, sans aucune linéarité, l’oeuvre se prête à merveille aux mouvements inlassables de l’Eastman Dance Company. Une prouesse pour chanteurs et danseurs lancés dans cette fiévreuse entreprise à corps perdus.

Tosca de Puccini

Bayerische Staatsoper, Munich, novembre 2017

 

Direction musicale: Daniele Callegari

Mise en scène: Luc Bondy

Tosca: Anja Harteros

Cavaradossi: Joseph Calleja

Scarpia: Zeljko Lucic

 

Scandaleuse à New York, anodine à Munich, la production de Luc Bondy est d’un historicisme convenu, compensé par l’opulence de l’orchestre de Daniele Callegari et une distribution digne du Bayerischer Staatsoper. Mais face à un Calleja fougueux et un Lucic bestial à souhait, Anja Harteros est-elle une véritable Tosca? Si elle chante aujourd’hui mieux que personne, si son Vissi d’arte est un miracle à lui seul, il lui manque le feu dont elle pourrait faire l’amour ou la guerre… 

Lady Macbeth von Mtensk de Chostakovitch

Bayerische Staatsoper, Munich, novembre 2017

 

Direction musicale: Oksana Lyniv

Mise en scène: Harry Kupfer

Boris: Anatoli Kotscherga

Sinowi: Sergei Skorokhodov

Katerina: Anja Kampe

Sergej: Misha Didyk

 

Interdit du vivant de Staline en Union Soviétique, l’opéra de Chostakovitch relate la descente aux enfers de la vulnérable Katerina face à la brutalité de son sort. L’oeuvre est magnifiée par la production intemporelle du vétéran de la scène contemporaine Harry Kupfer et par la direction d’orchestre d’Oksana Lyniv, assistante du grand Kirill Petrenko, qui a fait ressortir l’instrumentation sans sacrifier la puissance symphonique. Fabuleuse soirée!

Madama Butterfly de Puccini

National Theater, Prague, septembre 2017

 

Direction musicale: Martin Leginus

Mise en scène: Jiri Herman

Cio-Cio-San: Karine Babajanyan

F. B. Pinkerton: Luciano Mastro

Suzuki: Stepanka Pucalkova

Sharpless: Svatopluk Sem

 

Pire Madama Butterfly de ma vie à Prague! Pire rôle-titre, pire scénographie, pires costumes et couleurs et pire sandwiches à l’entracte… Enfin, j’espère que je n’en verrai jamais de pire! Au fait en quelle langue chantaient-ils? 

La Traviata de Verdi

Teatro La Fenice, Venise, septembre 2017

 

Direction musicale: Enrico Calesso

Mise en scène: Robert Carsen

Violetta Valéry: Ekaterina Bakanova

Alfredo Germont: Alessandro Scotto di Luzio

Giorgio Germont: Giuseppe Altomare

 

Une fois n’est pas coutume, une soprano d’envergure internationale chantait le rôle-titre de La Traviata, un des rôles les plus exigeants du répertoire, au Teatro La Fenice. L’interprétation interiorisée de Bakanova a superbement restitué la fragilité et le tragique du personnage. 

On ne se lasse d’ailleurs pas de revoir la production de Robert Carsen, d’autant plus sur la scène où la Première fit scandale, un 6 mars 1853…

Madama Butterfly de Puccini

Teatro La Fenice, Venise, septembre 2017

 

Direction musicale: Daniele Callegari

Mise en scène: Alex Rigola

Décors et costumes: Mariko Mori

Cio-Cio-San: Serena Farnocchia

F. B. Pinkerton: Vincenzo Costanzo

Suzuki: Manuela Custer

Sharpless: Luca Grassi

 

Mariko Mori et Alex Rigola dirigent nos regards vers l’infini, évitant les clichés habituels de l’orientalisme. Les costumes inspirés du Japon mais dans une version futuriste, les coloris pastels, le minimalisme purement esthétique, créent une impression d’immatérialité.  Un Japon intemporel et lumineux qui laisse libre cours aux sentiments véristes… On revoit avec plaisir cette production découverte à La Fenice en 2013!

Semiramide de Rossini

Bayerische Staatsoper, Munich, Juillet 2017


Direction musicale: Michele Mariotti
Mise en scène: David Alden
Semiramide: Joyce DiDonato
Assur: Alex Esposito
Arsace: Daniela Barcellona
Idreno: Lawrence Brownlee

Azema: Nikola Hillebrand
Oroe: Simone Alberghini


Un saut dans le temps de Babylone à Baghdad, allégorie vraisemblable pour camper l’action dans une quelconque dictature islamique avec militaires, femmes voilées, dorures et brocarts à profusion… que ne ferait-on pour nous ramener à la réalité?
Représentation à guichets fermés pour Joyce DiDonato, impériale en Sémiramis même sans les coloratures (pour soprano) exigées par le rôle.

La Forza del destino de Verdi
Bayerische Staatsoper, Munich, Juillet 2017


Direction musicale: Asher Fisch
Mise en scène: Martin Kusej
Marquis di Calatrava: Vitalij Kowaljow
Donna Leonora: Anja Harteros
Don Carlo di Vargas: Simone Piazzola
Don Alvaro: Jonas Kaufmann
Preziosilla: Nadia Krasteva
Padre Guardiano: Vitalij Kowaljow
Fra Melitone: Ambrogio Maestri


Sur fond de haine, d’intolérance et de folie collective, la production réaliste de Kusej transpose l’oeuvre dans notre (triste) époque sans toutefois trahir Verdi.
Théâtre d’invraisemblables rencontres entre errants maudits, l’œuvre repose sur le foisonnement anarchique les contrastes violents. Pour nous convaincre donc, aucun des interprètes, Harteros et Kaufmann en tête, n’a chanté une note sans grande conviction. “Pace, pace”, paix à leurs pauvres âmes!

Norma de Bellini
Staatstheater, Nuremberg, juillet 2017


Direction musicale: Marcus Bosch
Mise en scène: Stéphane Braunschweig
Norma: Hrachuhí Bassénz
Pollione: Joska Lehtinen
Adalgisa: Ida Aldrian
Oroveso: Alexey Birkus
Clotilde: Ksenia Leonidova
Flavio: Ilker Arcayürek


La découverte d'une belle maison d'opéra à ajouter à notre palmarès!
Vision sobre et stylisée du drame politico-amoureux, où la guerre gronde sous un bonzaï projeté en ombre chinoise… Marcus Bosch a livré une Norma orageuse, puissante, quasi germanique. Ce qui n’est pas dénué de sens quand on sait
l’admiration que vouait Wagner au fragile Bellini et particulièrement à Norma dont on dit que la scène finale lui inspira la mort d’Isolde.

Die Frau ohne Schatten de R. Strauss
Bayerische Staatsoper, Munich, Juillet 2017


Direction musicale: Kirill Petrenko
Mise en scène: Krzysztof Warlikowski
L’Empereur: Burkhard Fritz
L’Impératrice: Ricarda Merbeth
La Nourrice: Michaela Schuster
Messager des esprits: Sebastian Holecek
Barak, teinturier: Wolfgang Koch
Sa Femme, teinturière: Elena Pankratova
Voix du faucon: Elsa Benoit


A quoi bon faire le tour du monde lyrique si c’est à Munich qu’on trouve le meilleur? Somptueuse Femme sans ombre, “FroSch” pour les intimes (“grenouille” en allemand en prenant les initiales du titre) comme l’ont affectueusement surnommée Strauss et Hofmannstahl.
Superlative direction de Kirill Petrenko, interprètes extraordinaires et pour ne rien gâcher la mise en scène onirique et même surréelle de Warlikowski. Probablement
la meilleure performance vue cette l’année.

Der Ring des Nibelungen de Wagner
Oper Leipzig, Juin 2017


Das Rheingold
Direction musicale: Ulf Schirmer
Mise en scène: Rosamund Gilmore
Wotan: Tuomas Pursio
Donner: Jürgen Kurth
Froh: Bernhard Berchtold
Loge: Thomas Mohr
Fricka: Karin Lovelius
Freia: Gal James
Erda: Henriette Gödde
Alberich: Jürgen Linn
Mime: Dan Karlström
Fasolt: Rúni Brattaberg
Fafner: James Moellenhoff


Une scénographie supposée être humoristique, décevante en réalité, où les dieux évoluent dans un cadre bourgeois, où la descente au Nibelheim se fait par une fenêtre sur cour et où les filles du Rhin batifolent dans un pauvre bassin de béton

Rien de transcendant en somme pour ce premier volet de la tétralogie, hormis le légendaire Gewandhausorchester, un peu pressé par son chef ce soir-là mais
impeccable.

Der Ring des Nibelungen de Wagner
Oper Leipzig, Juillet 2017


Siegfried
Direction musicale: Ulf Schirmer
Mise en scène: Rosamund Gilmore
Siegfried: Christian Franz
Brünnhilde: Iréne theorin
Wanderer: John Lundgren
Alberich: Jürgen Linn
Erda: Nicole Piccolomini
Mime: Dan Karlström
Fafner: Rúni Brattaberg
L’oiseau de la forêt: Mirella Hagen


Au niveau visuel l’enchantement a opéré dans la bluffante scène du dragon Faffner, atteint de gigantisme, quoi de plus naturel pour un ex-géant?
Côté musique, saluons Ulf Schirmer pour la clarté de sa direction, notamment pour le prélude au troisième acte, où ressortent pas moins de douze thèmes enchevêtrés.
Un magnifique tableau produit par le son gigantesque du Gewandhausorchester.

On sort plein d’énergie de Siegfried, maillon heureux de l’oeuvre… en attendant la
catastrophe finale!

La Résistible Ascension d’Arturo Ui
Comédie française, Paris, juin 2017


Pièce de Bertolt Brecht
Mise en scène: Katharina Thalbach
Arturo Ui: Laurent Stocker
Ernesto Roma: Thierry Hancisse
Le Vieil Hindsborough: Bruno Rafaelli
Manuele Gori: Serge Bagdassarian
Giuseppe Gobbola: Jérémy Lopez
Ignace Dollfoot: Nicolas Lormeau
Dockdaisy & Betty Dollfoot: Florence Viala


“Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde”. Du théâtre, oui…
Pour Katharina Thalbach, enfant du Berliner Ensemble, fondé par Bertolt Brecht en 1949… Et pour cette parabole du pouvoir, farce antifasciste revisitée, dans une mise en scène qui évoque L’Opéra de quat’sous”. Hitler et Cie transposés dans un monde de gangsters de Chicago et incarnés par une troupe d’acteurs prodigieux!

Carmen de Bizet
Opéra Bastille, Paris, juin 2017


Direction musicale: Mark Elder
Mise en scène: Calixto Bieito
Carmen: Anita Rachvelishvili
Don José: Bryan Hymel
Micaëla: Marina Costa-Jackson
Escamillo: Ildar Abdrazakov


Créée au festival de Peralada en 1999, la production a fait le tour d’Europe (voir carnet Venise 2013). Située dans l’Espagne franquiste, ponctuée de scènes de brutalité et de sexualité débridée, elle arrive à Bastille précédée d’un parfum de scandale. Cette fois on s’intéressera plutôt aux voix: Rachvelishvili incarne une Carmen proche de la perfection avec sa voix riche, nuancée et sensuelle. Hymel en Don José est attachant malgré un timbre peu plaisant. Enfin le bel Ildar, Escamillo tout en panache. Belle soirée dans l’ensemble.

Der Rosenkavalier de Strauss
Metropolitan Opera, New York, mai 2017


Direction musicale: Sebastian Weigle
Mise en scène: Robert Carsen
Octavian: Elina Garanca
La Maréchale: Renée Fleming
Baron Ochs: Günther Groissböck
Sophie: Erin Morley
Faninal: Markus Brück
Marianne: Susan Neves


Les adieux de Renée Fleming à l’opéra. Une diva qui s’en va dans un de ses rôles fétiches, celui de la Maréchale. Un choix naturel puisque l’oeuvre de Strauss parle du temps qui passe, de la nécessité de se retirer avec grâce. Les deux femmes n’en
faisaient qu’une et même si la prestation vocale laissait à désirer, l’émotion était bien là. Une dernière ovation du public sous une pluie de confettis, adieu Mme Fleming…

Gala des cinquante ans du Metropolitan Opera
Metropolitan Opera, New York, mai 2017


Un concert de cinq heures, plus de trente grandes stars lyriques, des extraits de 29 opéras, animés par des projection inspirées de productions classiques, la totale quoi! Une longue soirée suivie par un dîner de gala où les artistes papillonnaient de table en table autour d’élégants mécènes… et des discours prometteurs, pour que l’enchantement du Met puisse durer…

Medea de Reimann
Wiener Staatsoper, Vienne, avril 2017


Direction musicale: Michael Boder
Mise en scène: Marco Arturo Marelli
Medea: Claudia Barainsky
Kreusa: Stephanie Houtzeel
Gora: Monika Bohinec

Kreon: Norbert Ernst
Jason: Adrian Eröd


La colère d’une femme dédaignée. Une histoire familière de trahison, de meurtre et pour finir, de désespoir… nous en connaissions la vision édulcorée du doux Bellini
avec sa “Norma”.
L’oeuvre de Reimann est autrement plus violente et colle parfaitement à la densité du texte de Franz Grillparzer. Sa musique est dissonnante, anguleuse, elle explore les extrêmes des registres vocaux et instrumentaux. Enfin, d’excellentes voix pour une expérience musicale à refaire avec modération.

Concert symphonique
Osterfestspiele, Salzbourg, avril 2017

Symphonie No 9 en ré majeur de Mahler

 

Direction musicale: Franz Welser-Möst
Staatskapelle Dresden


De cette symphonie dont Alban Berg disait qu’elle était “la première oeuvre de la nouvelle musique”, Franz Welser-Möst fait une lecture nouvelle et produit un son d’une éblouissante d’énergie, tellement tendu qu’il en devient déchirant.
Réécouter l’adieu au monde de Gustav Mahler et avoir l’impression de découvrir une oeuvre inconnue…

Concert pour Salzbourg
50 ans du Festival de Pâques
Osterfestspiele, Salzbourg, avril 2017


Beethoven, Ouverture d’Egmont
Mozart, Concerto pour piano et orchestre No 21
Piano: Daniil Trifonov
Direction musicale: Christian Thielemann
Staatskapelle Dresden


Chausson, Symphonie en si bémol majeur
Ravel, Boléro
Direction musicale: Lorenzo Viotti
Staatskapelle Dresden


Le programme de cet soirée-anniversaire des 50 ans du Festival de Pâques a été modifié en raison de la disparition de Georges Prêtre à 92 ans… La jeunesse l’a donc emporté avec deux prodiges de 26 ans qui se sont succédés sur scène et dans nos coeurs: Trifonov (qui s’est vu attribuer le prix Karajan par sa veuve Eliette, voir photo) au piano et Viotti à la baguette, à suivre sans tarder!

Lohengrin de Wagner
Opéra Bastille, Paris, février 2017


Direction musicale: Philippe Jordan
Mise en scène: Claus Guth
Lohengrin: Stuart Skelton
Elsa de Brabant: Martina Serafin
Friedrich von Telramund: Tomasz Konieczny
Ortrud : Michaela Schuster
Heinrich der Vogler: Rafal Siwek


Sans armure, pieds nus, bourré de tics, le héros de cette mise en scène aurait été inspiré par le personnage de Kaspar Hauser, le mystérieux adolescent apparu à Nuremberg autour de 1820.

Seconde distribution pour cette production conceptuelle passionnante, reprise sans Kaufmann, certes, ni Harteros, mais exécutée selon les mêmes directives. Les voix faisaient largement le poids, avec Stuart Skelton vocalement convaincant et Tomasz Konieczny, un Telramund comme on les adore, de ceux qui vous donnent le frisson… Et du très grand Philippe Jordan!

Il Giardino Armonico
Tonhalle, Zürich, février 2017


Soprano: Sandrine Piau
Direction musicale: Giovanni Antonini
Symphonies Le Matin No 6 en ré majeur et Tempora Mutantur No 64 en la majeur de Haydn
Arias de Mozart et de Haydn

Sandrine Piau et Il Giardino Armonico avaient tant à nous raconter ce soir-là! Bien plus qu’une suite d’airs et de symphonies, un voyage sur instruments d’époque vers
la planète Mozart avec la soprano coloratura française Sandrine Piau et les multiples facettes de sa grâce. Susanna, Donna Anna, Berenice, mais surtout Zaide et son “Ruhe sanft”, courez l’écouter sur YouTube!

Ring Trilogie - Hagen

Theater an der Wien, Vienne, décembre 2017

 

Musique et texte de Richard Wagner

Direction musicale: Constantin Trinks

Mise en scène: Tatjana Gürbaca

Hagen: Samuel Youn

Alberich: Martin Winkler

Mime: Marcel Beekman

Wotan: Aris Argiris

Loge: Michael J. Scott

Woglinde: Mirella Hagen

Wellgunde: Raehann Bryce-Davis

Flosshilde: Ann-Beth Solvang

Gunther: Kristján Jóhannesson

Gutrune: Liene Kinca

Siegfried: Daniel Brenna

Brünnhilde: Ingela Brimberg

 

Un projet ambitieux et iconoclaste qui offre une autre lecture de la Tétralogie de Wagner en un assemblage d’extraits originaux en “couper-coller”. L’idée de départ étant de montrer comment les actions de la génération des grands-pères (Wotan et Alberich) ont déterminé la vie des générations suivantes. Ce premier volet montre la perspective de Hagen, marionnette aux mains d’Alberich et comment il parvient à assassiner Siegfried pour récupérer l’anneau du Niebelung.

Ring Trilogie - Brünnhilde

Theater an der Wien, Vienne, décembre 2017

 

Musique et texte de Richard Wagner

Direction musicale: Constantin Trinks

Mise en scène: Tatjana Gürbaca

Brünnhilde: Ingela Brimberg

Wotan: Aris Argiris

Waltraute: Ann-Beth Solvang

Siegfried: Daniel Brenna

Hagen: Samuel Youn

Gunther: Kristján Jóhannesson

Gutrune: Liene Kinca

Woglinde: Mirella Hagen

Wellgunde: Raehann Bryce-Davis

Flosshilde: Ann-Beth Solvang

Les hommes: Choeur Arnold Schönberg 

 

Voici enfin Brünnhilde, fille désobéissante de Wotan, qui nous livre sa version personnelle des événements. Une combinaison d’extraits de La Walkyrie et du Crépuscule des Dieux qui se résoud par l’embrasement de l’ancien monde et l’espoir d’un renouveau…

Expérience déstabilisante et enrichissante que cette trilogie, malgré les coupes massives de la partition originale, tout de même frustrantes pour les wagnériens.

Lulu d’Alban Berg

Wiener Staatsoper, Vienne, décembre 2017

 

Direction musicale: Ingo Metzmacher

Mise en scène: Willy Decker

Lulu: Agneta Eichenholz

Comtesse Geschwitz: Angela Denoke

Dr. Schön / Jack l’Eventreur: Bo Skovhus

Alwa: Charles Workman

 

Avec Lulu, “Femme fatale en toute innocence”, destructrice du monde après avoir été détruite par tous, Berg écrit son rôle le plus meurtrier. Le drame scandaleux est cristallisé par une mise en scène très esthétique, basée sur des images frappantes et une distribution à la hauteur de la partition. L’orchestre, star indubitable de la soirée, a mis en relief le lustre mélodique plutôt que les stridences dodécaphoniques. Merci Ingo Metzmacher!

Tannhäuser de Wagner

Deutsche Oper, Berlin, novembre 2017

 

Direction musicale: Michael Boder

Mise en scène: Kirsten Harms

Tannhäuser: Andreas Schager

Venus/Elisabeth: Emma Bell

Wolfram von Eschenbach: Markus Brück

Landgraf Hermann: Albert Presendorfer

 

Salle comble et performance sonore pendant le “Week-end Wagner” au Deutsche Oper! Andreas Schager nous en met plein les oreilles avec son timbre conquérant et une puissance qui ne connaît pas de répit. Markus Brück, une des voix phares de la compagnie, met tout au contraire son art de “chanteur de chambre” dans la Romance à l’étoile. Enfin, deux visages d’une seule et même femme, Emma Bell est aussi convaincante en ange qu’en démon.

Schönberg – Stravinski – Haydn

Pierre Boulez Saal, Berlin, novembre 2017

 

Direction musicale: Pablo Heras-Casado

Piano: Plamena Mangova

 

Le Staatskapelle Berlin retourne à la Pierre Boulez Saal avec de jeunes chefs qui se démarquent au pupitre. Pour ses débuts dans cette belle salle en forme d’ellipse dessinée par Frank Gehry, l’espagnol Pablo Heras-Casado dirige la Symphonie de chambre No 2 de Schönberg, le concerto pour piano et instruments à vent de Stravinski avec la pianiste bulgare Plamena Mangova et la symphonie No 103 de Haydn… Tous très chaleureusement accueillis par public berlinois!

Le Nozze di Figaro de Mozart

Bayerische Staatsoper, Munich, novembre 2017

 

Direction musicale: Constantinos Carydis

Mise en scène: Christof Loy

Comte Almaviva: Christian Gerhaher

Comtesse Almaviva: Federica Lombardi

Susanna: Olga Kulchynska

Figaro: Alex Esposito

Cherubino: Solenn’ Lavanant-Linke

Marcellina: Anne Sophie von Otter

Bartolo: Paolo Bordogna

 

Un décor dont l’échelle grandit au fur et à mesure du spectacle, alors que les personnages rapetissent en proportion, l’idée est esthétiquement convaincante. Mais très peu inspirée est la direction de Constantinos Carydis (que l’on a pourtant tant aimé) avec ses tempi inacoutumés et ses coups d’éclat faisant peu de cas des chanteurs. Enfin déception aussi concernant Christian Gerhaher que l’on préfère résolument dans ses Liederabend. En gros, des Noces sans relief.

Macbeth de Verdi

Estates Theater, Prague, septembre 2017

 

Direction musicale: Petr Sumnik

Mise en scène: Jana Andelová Pletichová

Macbeth: Alexander Vovk

Lady Macbeth: Katarina Jorda

Banquo: Dalibor Hrda

Macduff: Juraj Nociar

 

Voici un exemple de ce qu’on peut faire à l’opéra pour une soirée convaincante, sans grands noms ni gros moyens: chanteurs habités, mise en scène médiévale, un brin gothique même, sombres décors et costumes. Le noir par excellence pour servir l’œuvre la plus noire de Verdi d’après l’œuvre la plus noire de Shakespeare.

L’Estates Theater de Prague a son nom intimement lié à celui de Mozart, puisque c’est là qu’eut lieu la Première de Don Giovanni…

Lohengrin de Wagner

National Theater, Prague, septembre 2017

 

Direction musicale: Zbynek Müller

Mise en scène: Wolfgang Wagner

Mise en scène (revival): Katarina Wagner

Lohengrin: Charles Kim

Elsa de Brabant: Edith Haller

Friedrich von Telramund: Martin Bárta

Ortrud: Eva Ubanová

Heinrich der Vogler: Jiri Sulzenko

 

Le conflit entre l’ancien et le nouveau étant un thème récurrent chez Richard Wagner, il était normal que Katharina Wagner fut en charge de cette “nouvelle” production, reprise de l’originale conçue par son père Wolfgang Wagner pour Bayreuth en 1967. Une affaire de famille en somme pour un public nostalgique où rien ou presque n’a changé: choeurs statiques, gestuelle figée et chanteurs de second plan! Décevant pour qui a vu le revival de La Walkyrie de Karajan en avril à Salzbourg…

L’Occasione fa il ladro de Rossini

Teatro La Fenice, Venise, septembre 2017

 

Direction musicale: Michele Gamba

Mise en scène: Elisabetta Brusa

Berenice: Rocío Peréz

Ernestina: Rosa Bove

Conte Alberto: Giorgio Misseri

Don Parmenione: Omar Montanari

Martino: Amando Gabba

 

Cette “burletta per musica”, farce musicale en un acte, prouve que Rossini, à tout juste vingt ans, a assimilé la tradition de l’opéra bouffe et se prépare à la rénover! Sans être un chef-d’oeuvre, elle révèle la vitalité musicale et le sens théâtral du jeune compositeur, dans l’esprit de l’Intermezzo du XVIIIème siècle. Il lui suffira de quelques mois pour atteindre les hauteurs héroïques de Tancredi et le comique débridé de L’Italiana in Algeri.

Recital Diana Damrau
Bayerische Staatsoper, Munich, Juillet 2017
Piano: Helmut Deutsch


Un récital plein de sentiment avec des Lieder de Schubert, Strauss et Rachmaninov. Pureté du timbre de Diana Damrau, clarté de l’accompagnement de l’excellent Helmut Deutsch, une complicité intimiste et consolatrice.

“Le baiser du festival d’été” a commenté ma voisine. Elle a bien raison.

Tannhäuser de Wagner
Bayerische Staatsoper, Munich, Juillet 2017


Direction musicale : Kirill Petrenko
Mise en scène : Romeo Castellucci
Tannhäuser : Klaus Florian Vogt
Elisabeth : Anja Harteros
Venus : Elena Pankratova
Wolfram : Christian Gerhaher
Hermann : Georg Zeppenfeld


Selon Cosima, sa femme, Richard Wagner disait trois semaines avant sa mort qu’il “devait encore au monde un Tannhäuser”. Pour notre bonheur il n'en a pas eu le temps...
Expérience musicale ultime grâce au remarquable Petrenko, distribution super-stellaire, mise en scène de l’inimitable Castellucci, le pélerinage à Munich renouvelle encore une fois notre foi en l’opéra. Un miracle, s’il en est!

Don Giovanni de Mozart
Cuvilliéstheater, Munich, juillet 2017
 
Direction musicale: Anthony Bramall
Mise en scène: Herbert Föttinger
Don Giovanni: Günther Papendell
Leporello: Michael Wagner
Donna Anna: Jennifer O’Loughlin
Donna Elvira: Camille Schnoor
Don Ottavio: Lucian Krasznec
Zerlina: Sophie Mitterhuber
Masetto: Christoph Filler
Le Commandeur: Sergii Magera


Retour au Théâtre Cuvilliés, petit bijou rococo de seulement 509 places et dont l’échelle est idéale pour les opéras de Mozart. Pour son oeuvre la plus aimée, d’excellents jeunes solistes, bons acteurs de surcroît. Très bonne performance
malgré quelques réserves sur la mise en scène, qui frôle le grotesque par moments.

Pagliacci de Leoncavallo
Semperoper, Dresde, Juillet 2017
 
Direction musicale: Stefano Ranzani
Mise en scène: Philipp Stölzl
Canio: Vladimir Galouzine
Nedda: Carmen Giannattasio
Tonio: Markus Marquardt
Silvio: Sebastian Wartig
Beppe: Aaron Pegram


Pour la suite de la soirée, les effets de la scénographie (voir carnet 2015) sont magnifiés par l’usage de caméras étalant cruement les émotions des protagonistes sur grand écran. Poignant dans son rôle signature, Vladimir Galouzine, avec sa

puissance, sa tessiture qui allie la clarté du ténor à la noirceur du baryton, nous a confrontés au plus profond du désespoir.

Cavalleria rusticana de Mascagni
Semperoper, Dresde, Juillet 2017


Direction musicale: Stefano Ranzani
Mise en scène: Philipp Stölzl
Santuzza: Evelyn Herlitzius
Turiddu: Stefano la Colla
Alfio: Markus Marquardt
Lola: Jelena Kordic
Lucia: Tichina Vaughn


Mise en scène ingénieuse coproduite avec le Festival de Pâques de Salzbourg (voir carnet 2015) et reprise au Semperoper. Narration clairement lisible à travers les
compartiments, lieux de vie illustrant différents caractères et différentes situations.
L’acoustique chaleureuse du Semperoper, l’excellence de son orchestre ainsi que les débuts d’Evelyn Herlizius en Santuzza, intense et viscérale comme à son habitude, ont contribué à nous briser le coeur.

Der Ring des Nibelungen de Wagner
Oper Leipzig, Juin 2017


Die Walküre
Direction musicale: Ulf Schirmer
Mise en scène: Rosamund Gilmore
Siegmund: Simon O’Neill
Hunding: Rúni Brattaberg
Wotan: Thomas J. Mayer
Sieglinde: Simone Schneider
Brünnhilde: Iréne Theorin
Fricka: Kathrin Göring
Waltraute: Anja Schlosser


Magique Walkyrie, chargée d’angoisse et de pressentiment, sans doute le sommet du Ring de Leipzig. Avec pour cadre une sorte de Colisée qui s’écroule, annonçant le Crépuscule des Dieux, tant redouté et tant attendu… Des chanteurs de très haut niveau pour porter l’amour des jumeaux incestueux et les adieux de Wotan à sa fille préférée: le vétéran Simon O’Neill, véritable clairon vocal, Iréne Theorin idéale dans le rôle-titre et Thomas J. Mayer, merveilleux Wotan tout en colère et en frustration.

Der Ring des Nibelungen de Wagner
Oper Leipzig, Juillet 2017
 
Götterdämmerung
Direction musicale: Ulf Schirmer
Mise en scène: Rosamund Gilmore
Siegfried: Thomas Mohr
Gunther: Tuomas Pursio
Hagen: Rúni brattaberg
Alberich: Jürgen Linn
Brünnhilde: Christiane Libor
Gutrune: Gal James
Waltraute: Karin Lovelius

La conclusion du cycle se fait sur une scène unique, transmuée au fil des actes par les éclairages de Michael Röger. En dépit de la prestation de Ziv Frenkel qui a inlassablement campé le cheval Gräne, l’idée de la metteure en scène-chorégraphe de doubler les chanteurs par des danseurs à fini par nous lasser!
Une ovation pour l’orchestre du Gewandhaus au sommet de sa forme, aussi bien pour les funérailles de Siegfried que pour l’immolation finale de Brünnhilde. Un très grand Ring à ajouter au catalogue.

Rigoletto de Verdi
Opéra Bastille, Paris, juin 2017


Direction musicale: Daniele Rustioni

Mise en scène: Claus Guth
Rigoletto: Zeljko Lucic
Le Duc de Mantoue: Vittorio Grigolo
Gilda: Nadine Sierra
Maddalena: Elena Maximova
Sparafucile: Kwangchul Youn


Une énorme boîte en carton renferme le passé de Rigoletto et constitue le théâtre de l’action… Elle sert aussi de formidable amplificateur sonore, une aubaine sur l’immense scène de Bastille où les voix semblaient atteindre leur paroxysme. Jamais Grigolo n’a été si flamboyant, ni Lucic si émouvant. Quand à la nouvelle coqueluche des salles, Nadine Sierra, un timbre de miel, des aigus aisés, une présence gracieuse… le tout sous la baguette du brillant Daniele Rustioni. Un Rigoletto à vous arracher les larmes!

Art Bridgman & Myrna Packer Dance
Under The Skin
Remembering What Never Happened
Bipod Festival, Beyrouth, juin 2017


Le passé et le présent qui se superposent sur la peau même des deux danseurs, un théâtre de drames sans paroles soutenu par une esthétique visuelle captivante…
C’est de la danse en trompe-l’oeil, quasi virtuelle et qui efface les frontières entre le réel et le surréel. On en redemande.

Der Fliegende Holländer de Wagner
Metropolitan Opera, New York, mai 2017


Direction musicale: Yannick Nézet-Séguin
Mise en scène: August Everding
Le Hollandais: Michael Volle
Senta: Amber Wagner
Daland: Franz-Joseph Selig
Erik: Aj Glueckert
Mary: Dolora Zajick


Excellent “cast” autour du canadien Yannick Nézet-Séguin qui ne prendra ses fonctions au Met qu’en 2020 (mais dont on sait que son orchestre l’adore déjà). La voix de soprano riche et expressive d’Amber Wagner, la basse robuste de Franz-Joseph Selig et surtout, le timbre sombre et musclé de Michael Volle, d’une gravité à vous donner le frisson: il n’y aura pas de salut pour l’âme du damné…

Un Ballo in maschera de Verdi
Wiener Staatsoper, Vienne, avril 2017


Direction musicale: Jesús López Cobos
Mise en scène: Gianfranco de Bosio
Gustavo III: Piotr Beczala
Amelia: Kristin Lewis
Renato: George Petean
Ulrica: Bongiwe Nakani
Oscar: Maria Nazarova


Qu’est-ce qui nous a pris de revoir (voir carnet 2013) la mise en scène montée pour Luciano Pavarotti en 1986 Conventionnelle, décors en carton-pâte, la production
de Gianfranco de Bosio a pris de grosses rides…

Quelques consolations tout de même: par son beau legato et l’élégance de son phrasé, le ténor polonais Piotr Beczala campe un Gustavo idéal. Belles prestations également de George Petean, (très) crédible en mari trompé et de Bongiwe Nakani, impressionnante en Ulrica.

Die Walküre de Wagner
Osterfestspiele, Salzbourg, avril 2017


Direction musicale: Christian Thielemann
Mise en scène: Vera Nemirova
Scénographie: Günther Schneider-Siemssen
Reconstitution de la scénographie de 1967: Jens Kilian
Siegmund: Peter Seiffert
Hunding: Georg Zeppenfeld
Wotan: Vitalij Kowaljow
Sieglinde: Anja Harteros
Brünnhilde: Anja Kampe
Fricka: Christa Mayer
Waltraute: Christina Bock


En 1967 Herbert Von Karajan crée le Festival de Pâques de Salzbourg. Il en est le directeur artistique, le chef d’orchestre, le metteur en scène et produit une Walkyrie d’anthologie, courageusement abstraite.
En nous offrant ce “revival” en hommage à Karajan, avec reconstitution des décors de l’époque, voix sublimes, mise en scène de Nemirova (voir son Ring de Frankfort, carnet 2016), Christian Thielemann a transformé cette performance nostalgique en une soirée triomphale.

Concert choral
Osterfestspiele, Salzbourg, avril 2017
Fauré, Requiem
Saint-Saëns, Symphonie No 3 en do mineur “avec orgue”


Direction musicale: Myung-Whun Chung
Soprano: Anna Prohaska
Baryton: Adrian Eröd
Orgue: Cameron Carpenter
Staatskapelle Dresden


Voici en quels termes Fauré parlait de cet ouvrage religieux : “Mon Requiem, quelqu’un l’a appelé la berceuse de la mort”. Nous y avons justement assisté le soir du Vendredi Saint…
Deux romantiques tardifs français donc, pour cette soirée dirigée par un spécialiste du répertoire français, Myung-Whun Chung. A remarquer dans la Symphonie de Saint-Saëns, la présence de Cameron Carpenter, sorte d’oiseau de paradis échappé de la volière des organistes.

Concert Symphonique
Al Bustan Festival, Liban, mars 2017
Concerto en si mineur d’Elgar


Violon: Renaud Capuçon
Concerto No 1 en sib émol mineur de Tchaikovski
Piano: Khatia Buniatishvili
Direction musicale: Gianluca Marcianó


Étonnante affiche que celle qui partage la soirée entre deux très grands solistes, séparés par un entracte, chacun ayant son programme… Pourquoi pas après tout?

Lucia di Lammermoor de Donizetti
Opernhaus, Zürich, février 2017


Direction musicale: Nello Santi
Mise en scène: Damiano Michieletto
Lucia: Venera Gimadieva
Edgardo: Ismael Jordi
Enrico: Levente Molnar
Arturo: Oleksiy Palchykov
Raimondo: Krysztof Baczyk
Normanno: Iain Milne


Pour le rôle le plus emblématique du bel canto, la soprano russe (dont on attendait plus dans la scène de la folie) a allié une pureté de ton à un présence émouvante. A ses côtés un Edgardo honorable à défaut d’être attachant. Enfin, dans un décor de destruction et de désolation, la production de Michieletto nous a un peu déçus…
Louons au moins le vétéran Nello Santi qui approche les 60 ans de collaboration avec l’opéra de Zürich… Dirigeant par coeur comme à son habitude, son métier, sa connaissance du répertoire italien a sauvé la soirée de tous les périls.

Mahler, 9ème symphonie
Teatro Alla Scala, Milan, février 2017


Direction musicale: Mariss Jansons
Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks


Pour réaliser l’importance de l’événement pour le public milanais, il suffisait d’assister à l’interminable ovation faite au chef letton et au prestigieux orchestre avant le spectacle! Au programme la 9ème de Mahler, chant du cygne du symphonisme européen et prélude à l’atonalité naissante. Porté par la houlette impeccable de son directeur permanent depuis 2003, l’orchestre bavarois a émaillé la partition de couleurs d’une densité et d’un raffinement sans pareils.

Don Carlo de Verdi
Teatro Alla Scala, Milan, février 2017


Direction musicale: Myung-Whun Chung
Mise en scène: Peter Stein
Don Carlo: Francesco Meli
Elisabetta di Valois: Krassimira Stoyanova
Filippo II: Ferrucio Furlanetto
Rodrigo: Simone Piazzola
Eboli: Ekaterina Semenchuk
Le Grand Inquisiteur: Eric Halfvarson


Version intégrale en cinq actes coproduite avec le Festival de Salzbourg. La baguette de Myung-Whun Chung restitue les nuances inépuisables de cette immense fresque de la maturité verdienne sur un texte de Schiller. La mise en scène de Peter Stein ajoute de la monumentalité à ce drame quasi funèbre… Avec six très grandes voix, la distribution de la Scala n’a rien à envier (ou presque) à celle de Salzbourg (voir carnet juillet 2013).

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